Le Poivre d'Ane - Aix-En-Provence

Formule choisie:
Menu à 37€: gaufre parmentière, porc ibérique mariné, asperges, girolles, crème d'ail; rôti de lotte, cœur de foie gras, risotto de boulgour, crème de shiitakés; sablé vanille bourbon, cœur chocolat noisette, coulis de fraise + 1 bouteille de vin blanc "Château de Fontcreuse" à 33€

Qualité/Prix: 3/4
Malgré une qualité de cuisine inventive plus que respectable, les prix, que cela soit au menu ou à la carte, ne sont pas à la portée de toutes les bourses. Deux menus y sont proposés: l'un à 45€, composé selon l'inspiration du chef, laisse place à la découverte et à la surprise à chacune des cinq séquences; l'autre à 37€, propose cinq voire six choix variés et régulièrement "remaniés" (dont une suggestion du moment) pour l'entrée, le plat et le dessert. Pour résumer, si vous souhaitez tester un large éventail des talents culinaires parfois "casse-cou" combinés de Thierry Coulmeau et Nicolas Birro, cette dernière formule demeure être la meilleure combinaison qualité-prix. Les quantités dans les assiettes sont à l'image de la carte des vins: sommaire pour ne garder que l'essentiel.        

Cadre/Décor/Service: 4,5/6
Situé en plein cœur de la vieille ville, sur la place pentue et touristique des Cardeurs, le Poivre d'Ane fait son trou depuis des années. A l'intérieur, honorant les années 70, le cadre feutré, aux tons rouge orangés et bordeaux, fait écho à la longue terrasse étroite, cernée par des murs de bambous. Quand la nuit tombe, la luminosité extérieure se fait très discrète: des petites lampes en plastique rouge, bien connues de la marque suédoise de mobilier et de décoration, prennent alors le relais à chaque table, pour un éclairage (trop) tamisé. Le service, quant à lui, est assuré par la gente féminine aux qualités bien distinctes mais grandement appréciables des deux côtés: l'expérience et le dynamisme pour l'une, la délicatesse et l'exotisme pour l'autre. Le charme opère.      

Cuisine: 7,5/10
La gaufre parmentière a su garder sa texture croustillant, l'asperge sa texture croquante, la crème d'ail sa texture onctueuse et le porc mariné sa texture fondante mais l'assemblage de tous ces éléments, "gustativement" parlant, tarde à trouver sa cohérence. La critique s'inscrit uniquement dans l'harmonie du plat car chaque détail est indépendamment cuisiné à la perfection. Pour le plat, la curiosité et le risque me poussent à m'orienter vers le rôti de lotte au cœur de foie gras: challenge réussi car le mariage terre-mer fonctionne à merveille, même si la cuisson du poisson manque, à mon goût, quelques minutes. Le "timide" médaillon de risotto de boulgour, en revanche, est une véritable révélation, méritant davantage de place dans l'assiette. La note sucrée jongle subtilement entre saveurs douces et acidulées: je regrette néanmoins le manque de consistance, le sablé ayant été trop "arrosé" par le coulis de fraise. Autre précision qui m'est chère, certains détails esthétiques ont déçu de par leur redondance (fleurs comestibles pour les entrées, points / filets rouges et verts fluo pour les desserts): "broutilles" n'ayant aucun intérêt en bouche et basculant le visuel dans le "kitsch".

Note globale: 15/20









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