Bistrot 13B - Marseille

Formule choisie:
Saumon gravlax, tartare avocats, crème fraîche citronnée à 10€; filet de bœuf semi-glacé, gratin dauphinois à 18€; cheesecake provençal à 7€ + 1 verre de vin blanc Palette à 4€

Qualité/Prix: 3/4
La cuisine bistronomique de l'établissement, aux forts accents méditerranéens, relève le défi d'introduire des saveurs venues d'ailleurs, richesses rapportées de nombreux voyages des membres de la petite équipe exécutive. Ainsi, sous le regard très attentif du propriétaire Edouard Balestier, le chef Rafal Petelczyc revisite des classiques dressés à la minute, à partir de produits frais, de qualité et locaux. Pas de formules prédéfinies au programme, la carte se décline en trois feuillets: quatre entrées plutôt végétariennes allant de 7 à 10€, quatre plats allant de 14 à 18€ dont les incontournables de la maison, le tartare de bœuf et la salade Caesar et enfin, quatre desserts allant de 6 à 8,50€ pour lesquels le café gourmand est assuré par Sylvain Depuichaffray. Les vins, quant à eux, allongés dans leurs niches boisées pour les "rouges" et dressés dans leurs armoires frigorifiques pour les "blancs", se font discrets et ne s'affichent qu'au verre, en catimini, sur une ardoise posée à même le sol.     

Cadre/Décor/Service: 4/6
Dès l'extérieur, toutes baies vitrées dehors, la devanture du Bistrot 13B dévoile son intérieur, comme le faisait auparavant à cette même adresse l'Orgasme. Peu de gros œuvres sont à signaler, nous y retrouvons les éléments caractéristiques de l'ancienne enseigne. L'îlot, encerclé de chaises hautes métalliques noires, remplit toujours la fonction de bar et de cuisine ouverte où officie, en toute transparence, le chef secondé par Nicolas Carrilero. A l'opposé, à travers la grande verrière industrielle, se cache toujours le patio précédé d'un banc entièrement recouvert de coussins, rendant cette table particulièrement conviviale. Le haut plafond, arboré d'abat-jours se bousculant pour avoir le premier rôle, domine une salle occupée par un mobilier au style colonial et aux matières naturelles, des plantes vertes éparses et un lampadaire tripode de studio de cinéma. A l'entrée, l'aménagement multifonction gâche quelque peu les efforts faits par ailleurs avec une enfilade de "frigos" garnis, entre autres, de mignardises de la pâtisserie voisine (et d'un bac à glace industrielle, dévoilé sans complexe), la caisse dans un coin de table et un dressing où les cintres dorés portent fièrement les menus (détail original mais peu pratique et encombrant pour les clients). Quant au service en salle, le patron met la main à la pâte avec une certaine atonie, par dépannage ou par habitude, en compagnie du serveur attitré, bien plus à l'aise dans cet exercice.         

Cuisine: 6,5/10
La tendance scandinave a poussé le lieu à proposer en entrée un saumon gravlax: marinade de saumon cru pour laquelle de l'aneth, du sel et du poivre blanc y sont traditionnellement ajoutés. Les tranches du filet sont plutôt généreuses, rendant le mâchement agréable et accessoirement, nous rassurant sur le fait d'en avoir pour notre argent. Le tartare avocats justement assaisonné et rafraîchissant a, pourtant ici, mauvaise fréquentation: une crème fraîche citronnée bien trop acide. L'expression "Mieux vaut être seul que mal accompagné" prend alors tout son sens. La suite se poursuit par un épais filet de bœuf coloré à l'excès et saignant à souhait à cœur. Le jus réduit, résultat d'une belle caramélisation de viande, sauve un gratin dauphinois dense et abusivement sec à mon goût. Nous nous attardons pas sur les "fameux" brins de persil qui n'apportent rien, si ce n'est de la couleur. Le coup de cœur du dîner revient à la maigre part de cheesecake provençal, mélange détonant et fantasque pour cette tradition américaine: fromage de chèvre, écorces d'oranges confites et romarin. La seule fausse note à ce dessert reste peut-être la texture spongieuse de la garniture...

Note globale: 13,5/20



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